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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:02

On étouffe de plus en plus à Lyon !

La rue pue les gaz d’échappement : les odeurs douçâtres du diesel et de l’essence agressent le piéton dès qu’il pointe le bout de son nez sur le trottoir. Et ce vent désagréable est bien révélateur de pollution : le bilan 2011 concernant la qualité de l’air du Grand Lyon est mauvais. Cette année-là se distingue par un record suffocant, en novembre 2011, de 23 jours consécutifs d’activation du dispositif préfectoral, en raison des pointes de pollution aux particules. Sur ce plan, 2011 joue des coudes avec 2007 pour gagner le titre d’année météorologiquement propice à l’accumulation de particules. C’est le revers de la médaille du beau temps car les longues périodes anticycloniques sont favorables à ce phénomène. En parallèle à ce pic prolongé, 2011 totalise 75 jours d’activation du dispositif préfectoral tous polluants confondus : pas terrible !

Ces chiffres inquiétants, mis en exergue par article du Progrès du 12 janvier 2012, figurent parmi les mesures prises par la tour de guet de l’air, l’Observatoire régional d’Air Rhône-Alpes. Depuis le 1er janvier 2012, il regroupe des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air de la région Rhône-Alpes [qui existaient avant] : Coparly, Ampasel, Air-Aps, Ascoparg, Atmo Drôme-Ardèche, Sup’Air.

2 aspects ressortent des mesures de l’Observatoire de l’air Rhône-Alpes :

1)      les zones situées en proximité automobile sont plus touchées que les autres.  

Humm ! Mieux vaut ne pas séjourner dans ces « zones à surémissions ».  Pour en avoir le cœur net, jetez un œil à la carte annuelle de la pollution de Lyon dans la rubrique « A découvrir » du site de l’Observatoire [cartographie visible pour les 8 grandes agglomérations rhônalpines], c’est stupéfiant !

Les nombreuses zones en rouge (valeur limite) ou en noir attirent l’œil. En faisant apparaître la cartographie du dioxyde d’azote (NO²) [l’odeur douçâtre des pots d’échappement, c’est lui], ce sont les principaux axes de circulation au cœur de Lyon qui se révèlent : périphérique, quai du Rhône, cours Albert Thomas-Gambetta, cours Lafayette, Lacassagne, Perrache… Rien que de regarder la Part-Dieu ou le 6ème arrondissement, on est en apnée !

Localiser votre domicile et… bouchez-vous le nez. Votre rue est à l’écart d’un axe saturé ? Bonne nouvelle, la couleur tend vers le jaune orangé (pas très encourageant). La perméabilité de cette pollution ressort de manière évidente sur la carte : prenons l’exemple du cimetière de la Guillotière, qui connaît peu la circulation automobile (corbillard à part). On en repère l’entrée rien qu’en regardant le demi-cercle de pollution qui s’infiltre par l’avenue Berthelot.

Reprenez votre souffle en jetant un œil sur le parc de la Tête d’Or. Miracle, la couleur verte existe encore en ville sur cette carte ! Vive les squares, jardins, parcs résidentiels ou municipaux qui nous donnent de l’oxygène [il me semble repérer les micro-écosystèmes de mon quartier  comme autant de salvatrices bulles d’air]

 

2)      le « fond urbain » est aussi concerné.

En clair, qu’il soit frais ou doux, le fond de l’air lyonnais est de plus en plus pollué au fil des ans. Sont concernées les pollutions aux particules, à l’ozone (même accumulation de fond), à l’oxyde d’azote. La situation est grave car il faut désormais guetter les nuages, et surtout l’averse de pluie, pour faire retomber les polluants.

La qualité de l’air dans l’agglomération lyonnaise étant mauvaise, ce n’est pas bon signe pour la santé des habitants du Grand Lyon. Outre les inconvénients du bruit et de l’odeur des voitures - la majorité des pollutions sont en effet liées au trafic local - il faut ajouter l’impact sanitaire. Des études ont montré les graves effets des particules grossières (PM10) et fines (PM2,5) qui pénètrent dans l’appareil respiratoire et peuvent se loger dans les alvéoles. Elles augmentent les crises d’asthme, les allergies, les maladies respiratoires, cardio-vasculaires et à plus long terme les cancers.

Et si on en est là, c’est à cause de la nocivité des conséquences de l’activité humaine, doublée de l’insuffisance des mesures prises en France. La France devrait d’ailleurs être condamnée (sur le principe, sans amende) par l’Union Européenne pour ne pas avoir respecté les valeurs limites PM10 sur 15 zones dont Lyon. Si les taux de COV (Composés organiques volatiles), présents dans les carburants et les émissions industrielles, ont fortement baissé, les émissions d’oxyde d’azote (NO²) se situent à plus de 38% des seuils prévus en 2010. Or, le plan de protection de l’atmosphère (PPA) lyonnais (voir en ligne celui de 2006-2010) contient des mesures qui n’ont pas été appliquées comme l’interdiction de circulation des véhicules utilitaires et des poids lourds les plus polluants. Depuis 2010, pas de PPA pour Lyon… mais une Zone d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA) en cours d’étude de faisabilité dans le Grand Lyon.

En attendant un futur plan et des mesures strictes respectées, il est bien dommage que ceux qui circulent en vélo – et donc ne polluent pas dans leurs déplacements – soient ceux qui s’en prennent  plein la poire… ou plutôt les poumons ! 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 22:53

Depuis le printemps 2011, temps fort de la résistance contre l’extraction des gaz de schiste en France, il y a eu du nouveau dans ce merdier dossier du gaz de schiste : en voici les grandes lignes.

A l’époque du billet « Gaz de schiste = gaz de shit ! » expliquant leurs dangers environnementaux, le gouvernement français reconnaît que faire exploser le sous-sol à coup d’eau polluée peut nuire à la santé de la planète [et surtout à la santé électorale de ses élus]. Deux raisons principales à ce revirement :

1) les maires des communes visées par les permis de recherche de gaz de schiste, forts marris de ne pas avoir été tenus au courant des prospections et de leurs conséquences, ne suivent pas le mouvement étatique,

2) et, surtout, les associations militantes, qui n’étaient pas parties défaitistes contre les géants des hydrocarbures, réussissent à mobiliser la population et à en faire si ce n’un débat de société, un sujet prégnant de l’actualité. Rappelons que la mayonnaise [à l’huile de schiste, bien sûr] a mis du temps à prendre : les 3 permis médiatisés qui font les frais de la révolte cévenole dataient de mars 2010.

En juillet 2011, au terme du processus législatif, une loi interdisant la technique de « fracturation hydraulique », seul moyen à ce jour d’exploiter ce type d’hydrocarbures, est votée par le Parlement français. C’est une première victoire.

LOI n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique : version consolidée à lire sur le site Légifrance.

Le feuilleton n’est cependant pas fini : les enjeux sont trop importants pour les compagnies pétrolières qui ont les moyens d’arriver à leurs fins, y compris en jouant sur les mots pour définir la méthode utilisée (il suffit de ne pas dire « fracturation hydraulique » pour que tout soit permis) et contourner l’obstacle législatif. Une prospection masquée, cachée [souterraine ] est la crainte des écologistes. Selon le Ministère de l’Energie,  cette possibilité est inenvisageable. Méfiance…

Les nouvelles récentes sont toutefois bonnes puisqu’en octobre 2011 un arrêté abroge les trois célèbres permis de recherches de gaz de schiste de mars 2010 (dont deux concernent la région Rhône-Alpes) : arrêté du 12 octobre 2011 portant publication de la liste des permis exclusifs de recherches de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux abrogés. Deux de ces permis sont détenus par la société Schuepbach Energy : celui de Montélimar (Drôme), qui couvre rien de moins que 4000 m², et de Nant (Averyon). Le 3ème permis est celui de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), détenu par Total. 

Le mérite de cette abrogation revient à tous ceux qui se sont mobilisés et poursuivent leur action de veille et d’alerte citoyennes : ils prouvent qu’on peut faire capoter un projet « contre nature » ! La résistance paye : spéciale dédicace pour les opposants au Grand Stade de Décines…

L’abrogation de ces 3 permis ne doit pas pour autant faire oublier qu’il en reste… 61 en cours (permis des Moussières et permis de Gex ; demandes de permis de Blyes, Lyon-Annecy, Gex-Sud, Montfalcon...). C’est fou, non, le territoire français fait l’objet de 64 permis de recherche d’hydrocarbures ! 49 concernent le gaz et le pétrole conventionnels, 15 les hydrocarbures non conventionnels, dont les 3 concernant les gaz de schiste (annulés car liés à l’extraction hydraulique), 4 le pétrole (huiles) de schiste et 8 le gaz de houille.

Il est temps de se poser les questions du modèle énergétique de la France de demain. Mais quels experts vont permettre d’éclairer le citoyen sur ce dossier technique épineux ? Or, dès cet hiver 2011, c’est le chantier de la réforme du code minier qui débute… Oh, ça ne fait pas vibrer les foules au premier abord, mais [mine de rien ] ce sont les modalités de l’exploitation du sous-sol français qui sont en jeu. Entre l’extraction sale des gaz de schiste et l’idée d’enfouir le CO2 sous terre, il va falloir être informés et vigilants...

Et pour cela, rien de tel qu’un petit déjeuner à la Maison rhodanienne de l’Environnement ce samedi 19 novembre, de 10h à 12h30 : détails sur le site de la MRE. Le thème est : Gaz de schiste : énergie de demain ou catastrophe écologique d'aujourd'hui ? 

Sources : articles du Monde des 4-5-6 et 13 octobre 2011, et les nombreux blogs dont celui-ci.

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 19:19

L’opération Nettoyons la nature Lyon 2011 a été un bon cru : temps idéal, bonne humeur générale, présence festive d’un pré-ado motivé [merci T.], parcours rapidement et efficacement arpenté, encouragements de passants [la majorité des passants reste cependant indifférent]…

Voici en quelques chiffres simples le bilan des 3h passées à ramasser les déchets dans le 3ème arrondissement, à proximité de la ligne de tramway T3, en amont de la gare de Villeurbanne.

NetLyon2012.jpg

Ont été ramassées par 4 adultes et 1 ado :

-          180 cannettes en alu

-          79 bouteilles en plastique

-          28 bouteilles en verre

-          3 boîtes de conserve

-          11 kg de déchets divers

A prévoir en 2012, le recensement des paquets de cigarettes car leur nombre est impressionnant.

Parmi les déchets ramassées, les curiosités de cette édition  2011 : rétroviseur, étui à lunette, brosse à dent, antenne radio, volant de badminton, chaussures et chaussettes dépareillées, tuyau et… pneu.

A l’année prochaine !

Et si vous voulez comparer avec l'édition 2011 : lire ici.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:49

Yeux qui pleurent, nez qui goutte et chatouille, éternuements, gorge irritée, asthme… Aïe, le calvaire estival commence pour les 20% (source Afeda) de rhônalpins allergiques à cette mauvaise herbe invasive. Tout s’explique, le pic d’allergie aux pollens est installé dans le Rhône prévient Réseau national de surveillance aérobiologique (implanté à Saint-Genis l’Argentière). Ce pic avéré depuis la fin août 2011 survient un peu plus tôt cette année, alors qu’il y a déjà eu une alerte mi-juillet (mais le mauvais temps, qui n’a pas que des inconvénients, a permis de stabiliser la floraison et l’envol du pollen). Malheureusement, son niveau élevé reste « au top » pendant plusieurs semaines. Bon courage ! De manière générale, le calendrier de ce cauchemar estival est le suivant : l’ambroisie sort de terre en avril/mai, croît et fleurit en juin/juillet et la pollinisation se produit en août/septembre. Si le climat est plus ensoleillé et chaud, cet enchaînement prend de l’avance et la pollinisation s’allonge, accroissant d’autant l’exposition aux allergènes polliniques. Heureusement que le réchauffement du climat n’existe pas, on l’a échappé belle !

 

Les collectivités locales ne partent pas battues d’avance dans le combat contre ce fléau, qu’elles mènent depuis une décennie [la plante originaire d’Amérique du Nord est, elle, arrivée en France depuis la 2ème moitié du 19e siècle], Conseil général du Rhône en tête. Les moyens sont connus pour faire un sort à cette « taxifolia » des terres : entretien des bords de routes avant floraison, arrachage, mise en prairie (fleurs et gazon la repoussent naturellement). En bref, il s’agit d’éviter que cette plante, qui apprécie les terres nues (terrains vagues, chantiers [vu un petit buisson sur le terrain des futures archives départementales fin juillet], jachères, bords de routes ou de rivières mais aussi les terres agricoles comme les champs de tournesols [vu de belles rangées d’ambroisie sur les terres arables à l’est du jardin des Allivoz, au Grand parc de Miribel Jonage], ne trouve de zone de prédilection pour proliférer. A défaut, il est nécessaire d’intervenir au bon moment pour faucher les « épis verts » qui posent des soucis de santé publique. Chaque année, le Conseil général du Rhône, équipé d’une flotte de (roto-)faucheuses, investit du temps et quelques millions d’euros pour veiller au bon grain sur ses 3800 km de routes et mener notamment des campagnes d’arrachage (730 ha d’ambroisie expropriés l’an dernier). Le problème semble réglé en bord de route. Et ailleurs ? La région Rhône-Alpes étant très touchée, les préfets ont pris des arrêtés contre l’ambroisie pour mobiliser communes et agriculteurs. La lutte continue.

 

Les particuliers possédant des terrains sont aussi concernés puisqu’un arrêté les contraint à éradiquer correctement la plante [attention, gants et masque sont indispensables] sur leur propriété. Encore faut-il la reconnaître... L’ambroisie pousse en buisson peu touffu. La tige est verte et légèrement rouge [mais surtout verte], duveteuse car couverte de poils blancs souples et les feuilles très découpées et d’un vert uniforme sur les deux faces. Les fleurs, érigées en tubes verts (sur lesquels on peut distinguer les points jaunes de pollen), sont facilement reconnaissables dès qu’on a en tête le « portrait-robot » de cet ennemi public n°1 des jardins. Et comme chaque pied d’ambroisie peut déverser plus de 3000 graines dans le sol, autant dire que ses capacités de reproduction sont élevées. Toutefois, si le combat d’une éradication totale est peut-être perdu, il est important de savoir qu’en dessous d’un certain seuil, la gêne respiratoire est plus supportable ! Ouf, on respire !

 

L’Association française d’étude des ambroisies (Afeda) est la structure militante historique sur ce sujet, et ce, depuis sa création à Saint-Priest dans les années 80 : alerte puis apport de conseils aux pouvoirs publics, recherches puis formation aux bonnes pratiques préventives et curatives, suivi et mesure des quantités de pollen… Sur ce dernier point, une nouveauté a été testée à Saint-Priest et devrait donner lieu à une expérimentation à Bron : le « fluxage ». Ce terme barbare désigne le fait de faire circuler une voiture munie de filtres sur les chemins et d’analyser les pollens recueillis (les capteurs brondillants seront fixes). La technique permet à l’association de déterminer à quel moment les allergiques doivent prendre leur traitement avant d’être en crise et aux communes de savoir si leurs efforts sont suivis d’effet.

 

Vous voulez vérifier si vous fréquentez l’ambroisie sans le savoir ? Vous voulez reconnaître ses différents stades de croissance pour mieux lui tordre le cou ? Sachez que vous pouvez faire sa connaissance, ainsi qu’à ses cousines allergènes, grâce aux pédagogiques espaces verts de la ville de Lyon. Les jardiniers municipaux ont planté un bosquet des 5 plantes ennemies des allergiques et des panneaux explicatifs le long d’une allée du parc de la Tête d’Or entre le parc aux daims et le jardin botanique. Non, ce n’est pas pour faire fuir les flâneurs du dimanche mais pour montrer, expliquer et conseiller. Faites-y un tour, ne serait-ce que pour faire varier votre promenade au Parc.

  

Pour finir, des sources intéressantes :

-       Association française d’étude des ambroisies (AFEDA)         

 -      Ambroisie Info

-       Dossier sur l’ambroisie du Conseil général du Rhône

-       Numéro vert sur l’ambroisie: 0800 869 869 (mis en place par le CG 69) 

-    Stop Ambroisie 

-       Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA)

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 20:33

A la demande collective et unanime… d’un « fan » , voici un des nouvelles fraîches de la « verrue» du bord de Rhône [spéciale dédicace à Matthieu qui en a fait récemment la demande]. En septembre 2010, j’évoquais, dans « Tourisme vers Bellecour : le détail qui tue », la présence d’un monstrueux ascenseur désaffecté faisant de l’œil aux touristes. Le billet intriguait mais nécessitait quelques précisions.

Tout d’abord, en juillet 2011, l’ascenseur inutile bombe toujours son torse métallique sur le quai du Dr Gailleton longeant le Rhône, au sud du pont de la Guillotière et à une trentaine de mètres au nord de bouquet de fleurs multicolores (très apprécié « Flower Tree » de l’artiste coréen Jeong Hwa Choi). Plus précisément, il surplombe l’embarcadère de l’Hôtel-Dieu, que l’on peut utiliser pour emprunter les navettes fluviales lors de chaque biennale d’art contemporain de Lyon. En fait, il y donne accès, car l’arrivée de l’ascenseur débouche au nord du « bas-port »  [prendre à gauche après avoir descendu les marches en pierre]. L’accessibilité était prévue dans les plans d’origine comme en témoigne le plan incliné qui prolonge la sortie du bas, elle aussi condamnée.

DSC01051.JPG

Une desserte complète du lieu a donc été prévue à un moment donnée, mais par qui ? La « paléographie » de la signalétique de ce vestige contemporain donne la réponse : on peut distinguer, entre les tags des côtés de la cabine de l’ascenseur, le nom « Halte fluviale Antonin Poncet » et repérer la charte graphique des TCL (logo M du métro et sigle habituel de l’ascenseur). Reste à savoir quand et pour quel usage précis – la station de métro Bellecour semblant éloignée et les TCL n’étant pas encore équipés de sous-marins – Lyon s’est-elle pourvue d’une halte fluviale. Je vais mener l’enquête sur ce point hautement préoccupant . Une hypothèse peut déjà être émise : la Ville aurait eu le grand dessein de prévoir des navettes fluviales TCL sur le Rhône (ou pour la biennale ?) qui n’ont finalement jamais voguées donc nécessitées d'ascenseur opérationnel toute l'année ?!

En attendant la réponse du Sytral contacté, il est intéressant de voir que la cabine évolue au fil des semaines, se parant de tags ou affiches différentes. Pour rendre hommage aux artistes anonymes prennent soin de la parer de couleurs et de renouveler ses fards, je propose de la considérer comme une œuvre d’art contemporaine du 2ème arrondissement à part entière, au même titre que le bouquet de fleurs, et de la nommer « la Verrue bariolée ». Elle mérite donc un album de photos que j'essayerais de mettre à jour régulièrement : à voir ici.

Touristes de Lyon et d’ailleurs, venez admirer « la verrue bariolée » lors de votre prochain passage dans notre cité et, au lieu de froncer les sourcils, consacrez-lui une photographie !

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 21:28

J’ai joué « au loup » ce week-end et j’ai perdu. J’étais le loup, en forêt de Saoû, et je devais trouver les électro-sensibles réfugiés vers Crest dans la Drôme. Les recherches ont été vaines ;-C. Il faut dire qu’elle est vaste [et belle] cette forêt... et qu’ils ont changé de cachette. A Saoû, les habitants m’ont permis de localiser leur précédent lieu de séjour, un terrain du Conseil général occupé illégalement mais proprement jusqu’en automne 2010. Sur place, l’écogarde de la forêt a confirmé les faits. Peut-être que aurais-je dû monter sur le plus haut donjon de France, celui de la cité crestoise, pour repérer leurs caravanes « anti-ondes » ?!

DSC00868.jpgPour rappel, un « électro-sensible » est une personne qui ne supporte pas physiquement ou psychiquement [le débat reste ouvert cf. troubles psychosomatiques] les ondes du monde technologique dans lequel nous évoluons : celles émises par les portables ou leurs antennes-relais, le wifi… Les symptômes ? Des maux de tête, nausée, brûlures… Autant dire qu’il s’agit d’un sacré handicap, qui rend impossible toute vie en ville. L’une des solutions est de tenter d’isoler son habitat ou son corps à coup de bandes d’aluminium, au risque de passer pour un fou à l’allure d’extraterrestre. L’autre solution est de fuir et de partir à la recherche de « zones blanches », non couvertes par le réseau d’antenne téléphoniques [où ils passent aussi pour des « doux dingues » mais côtoient plus de sympathisants et moins de « speedés »]. Et la forêt de Saoû, zone à faible rayonnement, constitue l’un de ces « refuges ».

Je n’ai donc pas croisé la huitaine de « réfugiés » qui se terre du côté de Crest [dommage, j’aurais bien discuter avec eux] mais je n’ai pas trop cherché non plus car j’étais avant tout venue en touriste. Par contre, je suis tombée nez à nez avec un chamois et j’en reste pantoise vu la faiblesse de l’altitude (Grand Pommerole, 1062 mètres) [mes plates excuses à la FFR car je dénigrais la fiabilité du guide sur ce point : les chamois sont bien une spécialité locale !]. Toujours est-il qu’il s’agissait du fameux week-end entre amis évoqué il y a quelques mois dans le billet « Oui mais si c’est pas trop cher ». L’heure est aux comptes ; j’en profite pour faire le bilan et anticiper la future question de Pentecôte 2012 : « combien ça coûte ? ».

Voici donc les chiffres-clés (prix par personne) de ce week-end rhônalpin réussi :

-          Gite pour 3 nuitées : 45 €

-          Covoiturage (essence et péage) : 10 €

-          Nourriture (extras compris) : 40 €

-          Sortie sportive : 29 € (la journée)

Je persiste : il est possible de se dépayser à moindre frais ! Et je vous conseille d’aller randonner, faire du vtt ou du canoë dans la Drôme !

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 20:47

Samedi 28 mai 2011, alors que je passe à vélo du coté de Villeurbanne après avoir jeté un coup d’œil au mur végétal de Cusset, je tombe par hasard sur une scène curieuse et de bonne augure. Rue Louis Braille, roulant sur le bas-côté vu que j’étais à contresens [oups], mon attention est retenue par un homme, dans un fossé, portant gants de plastique et sac poubelle. Bigre, cette tenue, je la connais bien pour l’avoir déjà revêtue (lire Nettoyons la nature 2010). On en a honte au début, avant de s’y habituer voire de l’arborer avec militantisme : c’est celle du nettoyeur écovolontaire ! En effet, l’homme confirme être un voisin en train de nettoyer les abords de son immeuble. Je me permets alors de l’encourager car il est agréable et réconfortant, pour un bénévole, de susciter les réactions positives des badauds [cela nous conforte notamment dans notre choix].

 

J’ai d’abord cru à une initiative singulière avant de croiser dix mètres plus loin deux autres personnes en train de s’activer. Génial, l’entreprise est organisée et collective, ce qui est encore plus louable et efficace ! Une vraie pause s’impose, pour prendre le temps d’en connaître les détails. Je les rapporte ici car c’est un bel exemple à suivre, dans sa rue ou dans sa copropriété.

 

Les deux immeubles à l’origine de cette opération sont ceux situés aux 19 et 21 rue Louis Braille, à Villeurbanne. Dans cette résidence, il existait déjà une coutume annuelle de nettoyage du terrain mais rémunérée. Cette année, quelques voisins ont proposé de changer la façon de procéder et de compter sur la participation d’habitants volontaires. Mine de rien, se mettait en place une action d’écovolontariat, exemplaire et parfaitement « saine » puisque sans transaction financière. Le choix de la date et l’organisation logistique a suivi : se procurer l’équipement (gants, sacs plastiques, outils de ramassage) et s’assurer la possibilité d’utiliser une camionnette pour évacuer les déchets jusqu’à la déchetterie.

 

DSC00530.JPGEn ce samedi matin, une quinzaine de volontaires de tous âges se démènent dans le parc et dans la rue, devant la façade des immeubles. Déchets volumineux à sortir du fossé pour les costauds, chasse à la bouteille et à la cannette, cueillette de papiers gras et brossage du pavé pour les plus jeunes… Et certains offrent même une coupe toute fraîche aux haies entourant la résidence. Tout le monde s’active, bien souvent en famille, et adules et enfants trouvent du plaisir à ces efforts qui, pourtant, cassent le dos. Quelle chance, le beau temps est avec eux [la pluie, elle, tend à désespérer les bonnes volontés]. Outre le nettoyage, une opération de sensibilisation est en cours : elle vise à faire respecter leur parking résidentiel, qui, non clos par une grille, est utilisé par tout le quartier. Une banderole de plastique est posée pour le délimiter et enfermer les voitures « hors-la-loi » dont les conducteurs, cette fois-ci, ne peuvent regagner leur véhicule sans se poser des questions et sans faire le rapprochement avec le panonceau « Parking privé ».

 

Résultat final de l'opération : une copropriété propre, un jardin soigné, des bas-côtés désencombrés et un parking retrouvé. Alors, bravo aux participants de cette belle opération des 19-21 rue Louis Braille ! J’espère qu’elle fera boule de neige dans votre résidence, pour que ce nettoyage de printemps se pérennise dans le temps, implique un nombre de volontaires croissants et se transforme en tradition festive [finir par un buffet partagé ?]. Et qui sait si, l’exemple portant ses fruits, vous n’êtes pas en train de créer un précédent dans votre quartier ?!

 

Pour voir l’énergie des habitants : voir le diaporama suivant.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 20:50

Hourra ! La mobilisation contre les gaz de schiste a payé, ce qui est une heureuse nouvelle et prouve que l’écocitoyenneté n’est pas un combat perdu d’avance [contrairement à ce que pensent les écolo-sceptiques et autres partisans du confortable immobilisme]. Réjouissons-nous, savourons les effets bénéfiques de l’engagement citoyen et réalisons même un stock d’optimisme car cette victoire n’est qu’une étape dans la bataille à mener pour une société basée sur la réduction de la consommation d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Et merci à la « fronde » pacifique et éveillée qui a pris une ampleur telle qu’elle a fait retourner leur veste aux hommes politiques.  

 

Tout a commencé fin 2010 dans l’Ardèche, l’Aveyron et la Drôme quand ces départements découvrent que des permis d’exploration du gaz de schiste les concernent et ont été signés en mars 2010. Le mot d’ordre « No Gazaran » [bien trouvé !] mobilise très rapidement des milliers de personnes qui refusent ce choix énergétique et ses conséquences écologiques. Puis, petit à petit, d’autres départements découvrent qu’ils ont fait l’objet de demandes identiques (en Ile de France et Franche-Comté par exemple) et l’affaire devient nationale. En Rhône-Alpes, une autre zone attire les convoitises : les 3800 m² s’étendant du Lac Léman à l’Est lyonnais en passant par Annecy, par le sud de l’Ain et par le nord de l’Isère (cf. Blyes, du nom d'une des communes concernées).

 

Mais que sont donc les gaz de schiste et pourquoi déchainent-ils tant les passions ?

 

Tout tient en quelques mots lourds de sens. Les gaz de schiste sont :

 

-   une source d’énergie = l’or des sociétés contemporaines hyper consommatrices

-   en quantité énorme sur la planète = eldorado des pétroliers pour le 21e siècle (92000 milliards de m3 soit 5 fois plus que les réserves de gaz naturel)

-    dont l’extraction nuit à l’environnement = c’est là le hic.

 

Enfouis à plus ou moins 3000 m sous terre, ces gaz (méthane à 95% minimum puis carbone, hydrogène, butane et propane) ne figurent pas en poches mais sont répartis de manière diffuse dans les couches de roches sédimentaires. Pour les récupérer, il faut réaliser une fracturation hydraulique à l’aide d’un forage c'est-à-dire injecter dans le sol de l’eau, du sable, des adjuvants et de l’acide à forte pression pour casser les schistes et libérer le gaz.

 

Gaz exploités depuis une dizaine d’année aux Etats-Unis et aux Canada, leurs dégâts écologiques sont connus [j’ai hâte de voir le documentaire Gasland] :

 

-       Défiguration des paysages : des chantiers feront disparaître des surfaces arables, une forêt ou même une montagne cévenole (ou autre)

-          Mauvaise image des coins concernés et baisse de l’attrait touristique (conséquence du 1er impact)

-          Fracturation des roches (et si ce n’était pas si anodin que cela ?)

-          Consommation d’eau massive (en moyenne 15000 m3 à 20000 m3 par forage). Or, cette denrée, de plus en plus précieuse, est déjà utilisée par l’agriculture, l’industrie et, bien sûr, l’alimentation. Les sols ardéchois seraient-ils devenus tout à coup si riches en eau que chacun y trouverait son compte ? Tristement ridicule car c’est au contraire un département à risque de pénurie, comme bien d’autres !

-          Risque de pollution des eaux de surface : métaux lourds et éléments radioactifs peuvent remonter avec le reflux de l’eau de la fracturation et être insuffisamment traitées...

-          Risque de pollution des eaux en profondeur s’il y a des problèmes de fuite car le mélange injecté est très polluant. Ce serait sans danger pour les nappes phréatiques situées quelques kilomètres au-dessus. Mais oui, faisons confiance aux industriels concernés : il n’y aurait jamais de fuite et jamais de pollution dans leur monde des Bisounours. Et quand bien même cet argument serait à relativiser, il y a déjà assez pour comprendre les conséquences néfastes de tels forages !

 

A la lecture des impacts écologiques, le bon sens devrait conduire tout décideur à refuser l’exploitation des gisements de gaz de schiste… Sauf que l’Homme est entré dans l’ère d’exploitation des « réserves ultimes » (cf. gaz de schiste) de pétrole et de gaz naturel liquéfié. A force de ne pas chercher à trouver des solutions alternatives, les pétroliers n’ont qu’une solution à proposer et celle-ci les arrangent bien : exploser la planète pour dénicher ce qui reste d’énergie fossile revendue à prix… d’or.

 

Mais, pour l’heure, ne retenons que la victoire des citoyens qui se sont mobilisés, la victoire d’une énergie totalement renouvelable et verte, l’énergie humaine.

 

Merci notamment à :

- Collectif 07 Stop au gaz de schiste

- Stop au gaz de schiste 69 (Rhône-Alpes Nord)

 -  et à Hervé Kempf pour ses articles dans Le Monde.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 11:24

Je sors exceptionnellement du périmètre rhônalpin, c’est pourquoi je ferai bref et glisserai un petit parallèle avec notre région pour justifier la raison d’être de ce billet. Et puis, une catastrophe naturelle de telle envergure se double forcément d’une catastrophe écologique. Et les conséquences d’une catastrophe écologique, c’est comme le nuage de Tchernobyl, cela ne se cantonne pas à une zone géographique restreinte, sauf pour ceux qui n’ont toujours pas compris qu’on partageait la même planète. D’ailleurs, en parlant de nuage radioactif… 

 

Mais revenons-en à ces quelques chiffres :

 

-          1 séisme de magnitude 8,9 sur l’échelle ouverte de Richter dont l’épicentre était situé à environ 380 km de la capitale japonaise Tokyo (11 mars 2011)

-          1 tsunami avec une vague de 10 m de haut touchant notamment la ville côtière japonaise de Sendaï

-          1 catastrophe d’origine naturelle dont il est trop tôt pour évaluer le bilan humain dramatique et les dégâts matériels

-          1 accident nucléaire majeur ou plutôt 1 catastrophe nucléaire redoutée en cours

-          Plus de 440 réacteurs nucléaires dans le monde

-          Des projets de centrales dans des pays politiquement instables

-          1 parc nucléaire vieillissant en France

-          4 centrales nucléaires en Rhône-Alpes : Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère), Cruas-Meysse (Ardèche) et Tricastin (départements rhônalpin de la Drôme mais aussi du Vaucluse, en région Paca)

 

 

-          1 réseau : Sortir du Nucléaire

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 20:16

Le temps du samedi 8 janvier 2011 se prêtait à une promenade amusante – qui s’est avérée sportive - dans l’objectif de repérer les lieux de collecte de sapins de noël et de voir si les Lyonnais ont renoncé à la mauvaise habitude de jeter leur sapin dans la rue. Y aurait-il peu d’arbres déplumés sur les trottoirs ? Malheureusement non : la preuve en image dans ce nouveau diaporama « Mon beau sapin ».

 

Cette observation n’est pas exhaustive mais mes tours de vélo dans une partie des 7ème et 3ème arrondissements (le matin) et de Villeurbanne et le 6ème arrondissement (l’après-midi) a porté ses fruits : la récolte de photos « compromettantes » a été très fructueuse. Une forêt de résineux, certes clairsemée puisqu’il faut aller de coins de rues en carrefours, émerge bien dès les Fêtes terminées. Et ce, malgré les annonces de mise en place de lieux de collecte des sapins usagers aussi bien dans le Progrès que dans tous les gratuits mais également – il me semble - sur les panneaux d’informations municipales. Si les zones de collecte collective connaissent le succès [il en faudrait d’ailleurs sur davantage de places cf. Lyautey], le « lancer de sapin » est une pratique toujours très répandue. Médailles du déshonneur aux 7ème [où j’ai même déniché le cadavre d’un sapin synthétique] et 6ème arrondissements. Dans ce dernier, c’est la nuit qui m’a empêché de continuer ma collection photographique…

 

Et le phénomène s’accompagne, comme à l’accoutumée, de dépôts d’objets divers sur la chaussée et de l’effet d’ « aimant » qu’exerce les bennes de verre sur les cochonneries de toutes sortes (lire Bizarre, vous avez dit bizarre). J’en ai donc profité pour rajouter quelques clichés au diaporama sur les « mauvais trieurs » [Et encore, j’ai évité de cumuler les clichés en double dans les diaporamas en choisissant l’un ou l’autre].

 

Et je corrige mon billet précédent sur un point, le père de famille n’attend pas forcément la nuit pour jeter son sapin n’importe où, il le fait aussi en plein jour avec une certaine désinvolture…

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